Les troubles bipolaires
Écrit par Mon pharmacien Mardi, 14 Juillet 2009 11:13
Etiologie
La cause exacte des troubles bipolaires n’est à  l’heure actuelle pas encore déterminée avec suffisamment de précision. Pour l’instant, on retient l’hypothèse de plusieurs causes intriquées : des facteurs génétiques, biologiques, psychologiques et environnementaux.
Des études faites dans les familles de patients atteints de ces troubles ont montré l’implication de facteurs génétiques dans la possibilité d’apparition de la maladie chez leurs enfants. Mais cette maladie ne se transmet pas automatiquement à l’enfant, car beaucoup de gènes sont en jeu, aucun gène majeur n’ayant été trouvé. Il faut noter cependant que la prévalence chez ces enfants est de 10 %, alors qu’elle n’est que de 1% dans la population générale. Par ailleurs, chez les jumeaux monozygotes** les deux jumeaux seront atteints dans 65 % des cas, contre seulement 20 % chez lez jumeaux dizygotes.Â
Des facteurs biologiques entrent également en jeu dans l’apparition de cette maladie
On sait que le cerveau est formé de nombreux neurones, reliés entre eux par des jonctions appelées synapses, lesquels permettent aux neurones de recevoir des « ordres » et des informations par l’intermédiaire de molécules appelées neurotransmetteurs. Des chercheurs ont également noté que se produiraient des modifications significatives chez les malades atteints de troubles bipolaires, se traduisant par une augmentation significative de la concentration de lactates et d’acide gamma-aminobutyrique au sein de la substance blanche du cerveau. D’une façon générale l’imagerie cérébrale a montré de nombreuses modifications, concernant notamment le volume en diminution (lobes frontaux, hippocampe, ganglions de la base) du cerveau du malade atteint de troubles bipolaires.
Les causes peuvent également être d’ordre psychologique : combinaison de facteurs innés et de facteurs acquis, l’ensemble prédisposant à l’éclosion de la maladie.
Enfin les facteurs environnementaux augmenteraient la vulnérabilité des malades atteints de troubles bipolaires (décès d’un proche, divorce, chômage…), les rendant « hypersensibles et hyper réactifs aux situations de stress ».
Des études faites dans les familles de patients atteints de ces troubles ont montré l’implication de facteurs génétiques dans la possibilité d’apparition de la maladie chez leurs enfants. Mais cette maladie ne se transmet pas automatiquement à l’enfant, car beaucoup de gènes sont en jeu, aucun gène majeur n’ayant été trouvé. Il faut noter cependant que la prévalence chez ces enfants est de 10 %, alors qu’elle n’est que de 1% dans la population générale. Par ailleurs, chez les jumeaux monozygotes** les deux jumeaux seront atteints dans 65 % des cas, contre seulement 20 % chez lez jumeaux dizygotes.Â
Des facteurs biologiques entrent également en jeu dans l’apparition de cette maladie
On sait que le cerveau est formé de nombreux neurones, reliés entre eux par des jonctions appelées synapses, lesquels permettent aux neurones de recevoir des « ordres » et des informations par l’intermédiaire de molécules appelées neurotransmetteurs. Des chercheurs ont également noté que se produiraient des modifications significatives chez les malades atteints de troubles bipolaires, se traduisant par une augmentation significative de la concentration de lactates et d’acide gamma-aminobutyrique au sein de la substance blanche du cerveau. D’une façon générale l’imagerie cérébrale a montré de nombreuses modifications, concernant notamment le volume en diminution (lobes frontaux, hippocampe, ganglions de la base) du cerveau du malade atteint de troubles bipolaires.
Les causes peuvent également être d’ordre psychologique : combinaison de facteurs innés et de facteurs acquis, l’ensemble prédisposant à l’éclosion de la maladie.
Enfin les facteurs environnementaux augmenteraient la vulnérabilité des malades atteints de troubles bipolaires (décès d’un proche, divorce, chômage…), les rendant « hypersensibles et hyper réactifs aux situations de stress ».
Symptomatologie
« Le trouble bipolaire débute par une phase de symptômes aiguë et est suivi d’une alternance de récidives et de rémissions. Les récidives sont des épisodes marqués par des symptômes plus forts, qui durent près de 3-6 mois. Les épisodes sont maniaques***, dépressifs, hypomaniaques ou un mélange de symptomatologie dépressive et maniaque : les états mixtes ».
Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR) distingue quatre types de troubles bipolaires.
Le troubles bipolaire I
-   Caractérisé par la survenue d’un ou plusieurs Episodes maniaques ou Episodes mixtes (période durant laquelle sont à la fois présents les critères d’un Episode maniaque et d’un Episode dépressif).
-   L’Episode maniaque se caractérise par une perturbation de l’humeur**** qui doit être accompagnée d’au moins trois symptômes associés : augmentation de l’estime de soi ou des idées de grandeur, diminution du besoin de sommeil, logorrhée, perte des idées, distractibilité…
-   L’Episode dépressif lui se signale par une réduction de l’énergie, des idées de dévalorisation ou de culpabilité, des difficultés à penser, à se concentrer, à prendre des décisions, des idées de suicide, de mort, récurrentes…
Le trouble bipolaire II
-   Caractérisé par la survenue d’un ou plusieurs Episodes dépressifs majeurs accompagnés d’au moins un Episode hypomaniaque.
-   Compte-tenu de la faiblesse que peut revêtir l’Episode hypomaniaque, celui-ci peut passer inaperçu aux yeux du malade. Ce sera donc la famille ou l’entourage de ce dernier qui devra l’avoir noté afin que le diagnostic soit parfaitement établi.
Le Trouble cyclothymique
-   Ce Trouble est caractérisé par une évolution chronique et fluctuante de trouble de l’humeur, dans laquelle se déroulent de nombreuses périodes de symptômes hypomaniaques et de symptômes dépressifs. Cependant ces symptômes sont tous deux insuffisants en nombre, en sévérité, en étendue et en durée pour répondre complètement aux critères d’un Episode hypomaniaque ou à ceux d’un Episode dépressif majeur. Par contre au bout de deux ans, des Episodes dépressifs majeurs peuvent se surajouter conduisant à un double diagnostic de Trouble cyclothymique et de Trouble bipolaire II. Dans le cas où ce sont, après la période initiale de deux ans, des Episodes maniaques ou mixtes qui se surajoutent, un double diagnostic de Trouble cyclothymique et de Trouble bipolaire I sera posé conjointement.
Le Trouble bipolaire non spécifié
-   On regroupe sous cette dénomination les troubles ayant des caractéristiques bipolaires ne répondant à aucun critère des Troubles précédents :
-   Alternances très rapides (quelques jours) qui n’atteignent pas la durée minimale d’Episode maniaque ou Dépressif mais qui peuvent en atteindre les seuils.
-   Episodes hypomaniaques récurrents sans symptômes dépressifs entre eux.
-   Episodes hypomaniaques, accompagnés de symptômes dépressifs chroniques, dont la fréquence n’est pas assez importante pour atteindre les critères diagnostiques de Troubles cyclothymiques.
Dans la suite de cet article nous envisagerons le diagnostic, les traitements et le pronostic de cette maladie fort invalidante pour ceux qui la vivent.
Henri RAMUZ
* La prévalence concerne la fréquence d’une maladie ou d’un trouble. Le taux de prévalence est le rapport du nombre de cas de malades dénombrés par rapport à la population totale.
** les jumeaux monozygotes sont ceux qui ont 100 % des gènes en commun, alors que les jumeaux dizygotes ne partagent qu’une partie du patrimoine héréditaire.
*** En psychiatrie le terme manie, d’un mot grec signifiant folie, n’a rien à voir avec une personne dite maniaque, attachée à ses habitudes, très méticuleuses et signifie tout à fait autre chose. Les phénomènes hypomaniaques sont, en psychiatrie, des phénomènes maniaques de faible ampleur.
**** En psychiatrie, l’humeur correspond à ce que nous dénommons couramment le « moral ». Cependant s’il nous est facile de comprendre ce que représente la tristesse d’une phase dépressive, il en va tout autrement dans les épisodes maniaques qui ont un coté morbide ayant peu à voir avec la « bonne »humeur.
Traité de psychiatrie – M.Gelder, R.Mayou et P.Cowen – Flammarion.
DSM – IV – TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – Masson
Eli Lilly and Company.
Le Manuel Merck, Quatrième Edition Française – Editions d’Après.
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Le troubles bipolaire I
-   Caractérisé par la survenue d’un ou plusieurs Episodes maniaques ou Episodes mixtes (période durant laquelle sont à la fois présents les critères d’un Episode maniaque et d’un Episode dépressif).
-   L’Episode maniaque se caractérise par une perturbation de l’humeur**** qui doit être accompagnée d’au moins trois symptômes associés : augmentation de l’estime de soi ou des idées de grandeur, diminution du besoin de sommeil, logorrhée, perte des idées, distractibilité…
-   L’Episode dépressif lui se signale par une réduction de l’énergie, des idées de dévalorisation ou de culpabilité, des difficultés à penser, à se concentrer, à prendre des décisions, des idées de suicide, de mort, récurrentes…
Le trouble bipolaire II
-   Caractérisé par la survenue d’un ou plusieurs Episodes dépressifs majeurs accompagnés d’au moins un Episode hypomaniaque.
-   Compte-tenu de la faiblesse que peut revêtir l’Episode hypomaniaque, celui-ci peut passer inaperçu aux yeux du malade. Ce sera donc la famille ou l’entourage de ce dernier qui devra l’avoir noté afin que le diagnostic soit parfaitement établi.
Le Trouble cyclothymique
-   Ce Trouble est caractérisé par une évolution chronique et fluctuante de trouble de l’humeur, dans laquelle se déroulent de nombreuses périodes de symptômes hypomaniaques et de symptômes dépressifs. Cependant ces symptômes sont tous deux insuffisants en nombre, en sévérité, en étendue et en durée pour répondre complètement aux critères d’un Episode hypomaniaque ou à ceux d’un Episode dépressif majeur. Par contre au bout de deux ans, des Episodes dépressifs majeurs peuvent se surajouter conduisant à un double diagnostic de Trouble cyclothymique et de Trouble bipolaire II. Dans le cas où ce sont, après la période initiale de deux ans, des Episodes maniaques ou mixtes qui se surajoutent, un double diagnostic de Trouble cyclothymique et de Trouble bipolaire I sera posé conjointement.
Le Trouble bipolaire non spécifié
-   On regroupe sous cette dénomination les troubles ayant des caractéristiques bipolaires ne répondant à aucun critère des Troubles précédents :
-   Alternances très rapides (quelques jours) qui n’atteignent pas la durée minimale d’Episode maniaque ou Dépressif mais qui peuvent en atteindre les seuils.
-   Episodes hypomaniaques récurrents sans symptômes dépressifs entre eux.
-   Episodes hypomaniaques, accompagnés de symptômes dépressifs chroniques, dont la fréquence n’est pas assez importante pour atteindre les critères diagnostiques de Troubles cyclothymiques.
Dans la suite de cet article nous envisagerons le diagnostic, les traitements et le pronostic de cette maladie fort invalidante pour ceux qui la vivent.
Henri RAMUZ
* La prévalence concerne la fréquence d’une maladie ou d’un trouble. Le taux de prévalence est le rapport du nombre de cas de malades dénombrés par rapport à la population totale.
** les jumeaux monozygotes sont ceux qui ont 100 % des gènes en commun, alors que les jumeaux dizygotes ne partagent qu’une partie du patrimoine héréditaire.
*** En psychiatrie le terme manie, d’un mot grec signifiant folie, n’a rien à voir avec une personne dite maniaque, attachée à ses habitudes, très méticuleuses et signifie tout à fait autre chose. Les phénomènes hypomaniaques sont, en psychiatrie, des phénomènes maniaques de faible ampleur.
**** En psychiatrie, l’humeur correspond à ce que nous dénommons couramment le « moral ». Cependant s’il nous est facile de comprendre ce que représente la tristesse d’une phase dépressive, il en va tout autrement dans les épisodes maniaques qui ont un coté morbide ayant peu à voir avec la « bonne »humeur.
Traité de psychiatrie – M.Gelder, R.Mayou et P.Cowen – Flammarion.
DSM – IV – TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – Masson
Eli Lilly and Company.
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