L'épilepsie
Écrit par Mon pharmacien Vendredi, 10 Juillet 2009 13:25
Contrairement à une idée assez répandue, l'épilepsie n'est pas une maladie rare. En France, elle concerne 450 000 personnes dont 250 000 jeunes de moins de 20 ans. Ce n'est ni une maladie contagieuse, ni une maladie mentale.
Les Grecs qui croyaient au surnaturel pensaient que les crises d'épilepsie étaient provoquées par des démons (en grec épilepsie signifie attaquer, surprendre, saisir, s'emparer de). Cette croyance, renforcée dans l'Evangile, a duré au moins 2000 ans et n'a commencé à disparaître qu'au 18ème siècle. Aujourd'hui encore, cette maladie est entourée de mystère, elle fait peur et les fausses croyances et préjugés à son sujet sont très tenaces. Les personnes épileptiques sont encore malheureusement victimes de discrimination (famille, emploi, sport etc). L'attitude des autres à l'égard des épileptiques est souvent un handicap plus lourd que l'épilepsie elle-même. Pourtant, ce dont les épileptiques ont le plus besoin, c'est de compréhension et de tolérance. Par ailleurs, la maladie reste souvent un sujet tabou pour les personnes qui en souffrent. Pourtant, elle se traite efficacement, même si ses causes restent souvent inconnues. Le traitement permet à la grande majorité des épileptiques de vivre normalement.
Qu'est-ce que l'épilepsie ?
En fonctionnant, les cellules du cerveau émettent des signaux électriques qui peuvent être enregistrés. C'est l'électroencéphalogramme ou EEG (électro = électrique, encéphalo = cerveau, gramme = écriture c'est à dire l'image ou enregistrement sur du papier de l'activité électrique du cerveau). A noter que pour le coeur c'est l'ECG ou électrocardiogramme qui enregistre l'activité électrique des cellules du coeur. Lors des crises d'épilepsie, certaines zones du cerveau sont subitement excitées pendant une durée assez brève (1 à 2 minutes). Les crises sont imprévisibles. On peut les comparer à des court-circuits des réseaux électriques du cerveau.
Les manifestations des crises sont très diverses, car elles dépendent de la zone du cerveau atteinte. En fait on devrait parler de la maladie au pluriel, il n'y a en effet pas une épilepsie, mais des épilepsies. L'épilepsie est encore appelée comitialité, les crises sont des crises comitiales.
Les manifestations des crises sont très diverses, car elles dépendent de la zone du cerveau atteinte. En fait on devrait parler de la maladie au pluriel, il n'y a en effet pas une épilepsie, mais des épilepsies. L'épilepsie est encore appelée comitialité, les crises sont des crises comitiales.
Actuellement les spécialistes (neurologue pour l'adulte et neuropédiatre pour l'enfant) distinguent deux types différents de crises :
- les crises partielles qui se produisent lorsque la décharge électrique excessive est limitée à une région donnée du cerveau
- les crises généralisées qui se produisent lorsque la décharge touche tout le cerveau.
Parmi ces deux grandes catégories, il existe de nombreuses variantes de crises.
- les crises partielles qui se produisent lorsque la décharge électrique excessive est limitée à une région donnée du cerveau
- les crises généralisées qui se produisent lorsque la décharge touche tout le cerveau.
Parmi ces deux grandes catégories, il existe de nombreuses variantes de crises.
Quelles sont les différents types de crises ?
Parmi les crises partielles, les médecins distinguent des crises partielles simples et les crises partielles complexes. Les crises simples étaient appelées auparavant crises focales (focal = foyer= localisé par opposition à généralisé).
Au cours d'une crise partielle simple, la personne ne perd pas conscience. La crise peut se manifester par une sensation étrange ou inhabituelle comme une odeur ou une anomalie visuelle, mais aussi par un mouvement soudain ou une impatience musculaire, une distorsion auditive ou visuelle, des dérangements d'estomac, une sensation soudaine de peur.
A l'opposé, au cours des crises partielles complexes la personne n'a plus conscience de ce qui lui arrive et ne se rappelle pas de ce qu'elle a fait durant la crise. Ces crises partielles complexes étaient appelées auparavant crises psychomotrices ou du lobe temporal (le lobe temporal est une partie du cerveau, psychomotrice vient de psycho = esprit et motrice = mouvement). La crise est impressionnante, la personne semble hébétée et confuse. Elle peut marcher sans but précis (déambuler), marmonner, tourner la tête de côté et d'autre, tirer sur ses vêtements, avoir des mouvements répétitifs et automatiques.
A l'opposé, au cours des crises partielles complexes la personne n'a plus conscience de ce qui lui arrive et ne se rappelle pas de ce qu'elle a fait durant la crise. Ces crises partielles complexes étaient appelées auparavant crises psychomotrices ou du lobe temporal (le lobe temporal est une partie du cerveau, psychomotrice vient de psycho = esprit et motrice = mouvement). La crise est impressionnante, la personne semble hébétée et confuse. Elle peut marcher sans but précis (déambuler), marmonner, tourner la tête de côté et d'autre, tirer sur ses vêtements, avoir des mouvements répétitifs et automatiques.
Enfin, il existe les absences généralisées (auparavant appelées petit mal épileptique). Là aussi, la personne (souvent un enfant) perd totalement conscience pendant quelques secondes. Le malade s'arrête subitement de faire ce qu'il faisait et semble fixer le vide. Puis son activité reprend normalement comme si de rien n'était. La personne est ainsi bien "absente", sa conscience étant comme suspendue pendant le temps de la crise. Les absences se répètent plusieurs fois au cours de la journée.
Les crises généralisées (appelées auparavant grand mal ou haut mal épileptique) sont les moins fréquentes mais les plus connues car les plus impressionnantes. Quand on parle d'épilepsie, ce sont ces crises que l'on évoque dans le langage courant. Ces crises comportent deux périodes. Durant la première appelée phase tonique, la personne perd brutalement connaissance, tombe et devient raide. Cette phase est suivie de mouvements désordonnés, par secousses des bras et des jambes, (très impressionnant). C'est la phase clonique (clonique = convulsion). Pour les médecins, il s'agit d'une crise tonico-clonique. La personne reprend ensuite doucement conscience lorsque la crise est terminée. Certaines crises généralisée tonico-clonique commencent par une crise partielle.
Enfin, lorsque des crises se succèdent sans que la personne ne reprenne conscience, on parle alors d'état de mal épileptique, une situation grave pour le cerveau qui peut être mortelle.
Les crises généralisées (appelées auparavant grand mal ou haut mal épileptique) sont les moins fréquentes mais les plus connues car les plus impressionnantes. Quand on parle d'épilepsie, ce sont ces crises que l'on évoque dans le langage courant. Ces crises comportent deux périodes. Durant la première appelée phase tonique, la personne perd brutalement connaissance, tombe et devient raide. Cette phase est suivie de mouvements désordonnés, par secousses des bras et des jambes, (très impressionnant). C'est la phase clonique (clonique = convulsion). Pour les médecins, il s'agit d'une crise tonico-clonique. La personne reprend ensuite doucement conscience lorsque la crise est terminée. Certaines crises généralisée tonico-clonique commencent par une crise partielle.
Enfin, lorsque des crises se succèdent sans que la personne ne reprenne conscience, on parle alors d'état de mal épileptique, une situation grave pour le cerveau qui peut être mortelle.
A quoi est due l'épilepsie ?
L'épilepsie commence le plus souvent dans l'enfance. La moitié des épilepsies survient avant 10 ans et les trois quarts avant l'âge de 20 ans. Un quart des épilepsies débute à l'âge adulte et souvent après 60 ans.
On ignore la cause de l'épilepsie chez 75 % des enfants et 50 % des adultes.
Quand aucune cause n'est retrouvée, l'épilepsie est dite idiopathique (idio = à soi, particulière et pathie = maladie)
Parfois, la cause n'est pas décelable avec les examens dont on dispose aujourd'hui, alors que les médecins sont certains qu'il y en a une. La cause semble cachée. La maladie est dite cryptogénique (crypto = cachée et génique = origine)
Lorsqu'il existe une cause, comme par exemple une tumeur au cerveau, l'épilepsie est un symptôme (signe) révélateur de la tumeur, on dit alors qu'elle est symptomatique ou secondaire (à cette tumeur).
Quand aucune cause n'est retrouvée, l'épilepsie est dite idiopathique (idio = à soi, particulière et pathie = maladie)
Parfois, la cause n'est pas décelable avec les examens dont on dispose aujourd'hui, alors que les médecins sont certains qu'il y en a une. La cause semble cachée. La maladie est dite cryptogénique (crypto = cachée et génique = origine)
Lorsqu'il existe une cause, comme par exemple une tumeur au cerveau, l'épilepsie est un symptôme (signe) révélateur de la tumeur, on dit alors qu'elle est symptomatique ou secondaire (à cette tumeur).
L'épilepsie peut avoir de nombreuses causes, les plus fréquentes sont les suivantes :
- épilepsie déclenchée par une tumeur du cerveau
- épilepsie apparaissant après un traumatisme du crâne, après un accident vasculaire cérébral (quand une artère du cerveau est bouchée ou qu'une artère s'est rompue et a déclenché une hémorragie dans le cerveau, vasculaire = vaisseau, cérébral = cerveau),
- épilepsie faisant suite à une infection des méninges (méningite) ou à une infection du cerveau (méningo-encéphalite) ou bien encore à l'ingestion excessive d'alcool. L'épilepsie de l'enfant peut aussi être liée à une maladie de la mère pendant la grossesse qui a altéré le développement du cerveau du fœtus, ou à une souffrance du cerveau de l'enfant lors de l'accouchement.
- épilepsie déclenchée par une tumeur du cerveau
- épilepsie apparaissant après un traumatisme du crâne, après un accident vasculaire cérébral (quand une artère du cerveau est bouchée ou qu'une artère s'est rompue et a déclenché une hémorragie dans le cerveau, vasculaire = vaisseau, cérébral = cerveau),
- épilepsie faisant suite à une infection des méninges (méningite) ou à une infection du cerveau (méningo-encéphalite) ou bien encore à l'ingestion excessive d'alcool. L'épilepsie de l'enfant peut aussi être liée à une maladie de la mère pendant la grossesse qui a altéré le développement du cerveau du fœtus, ou à une souffrance du cerveau de l'enfant lors de l'accouchement.
Quels sont les examens nécessaires ?
Différents examens sont nécessaires pour rechercher une cause éventuelle à la maladie, préciser quel est le type d'épilepsie et choisir le traitement le mieux adapté.
* L'électroencéphalogramme ou EEG : c'est un examen indolore qui enregistre l'activité électrique du cerveau. Cette activité électrique est anormale chez les personnes épileptiques, pendant les crises et souvent entre les crises notamment durant le sommeil.
* Le scanner cérébral ou tomodensitométrie du cerveau : cet examen indolore permet d'obtenir des photos très fines du cerveau.
Il est parfois nécessaire d'injecter un produit dans une veine pour mieux voir les vaisseaux du cerveau.
* L'imagerie par résonance magnétique nucléaire ou IRM : comme le scanner, cet examen permet de voir le cerveau de façon très précise. Un produit peut également être injecté dans une veine pour préciser les images.
* Les examens d'imagerie fonctionnelle : ils permettent de voir comment fonctionne le cerveau et de savoir d'où partent les crises (le foyer). Les médecins repèrent le foyer épileptogène, c'est à dire le foyer (l'endroit précis) à l'origine des crises (le suffixe gène signifie qui est à l'origine de). Ils ne sont réalisés que dans des centres ultraspécialisés. Ils peuvent compléter, le scanner ou l'IRM. Il en existe différents types : le SPECT, la TEP et l'IRM fonctionnelle.
* L'électroencéphalogramme ou EEG : c'est un examen indolore qui enregistre l'activité électrique du cerveau. Cette activité électrique est anormale chez les personnes épileptiques, pendant les crises et souvent entre les crises notamment durant le sommeil.
* Le scanner cérébral ou tomodensitométrie du cerveau : cet examen indolore permet d'obtenir des photos très fines du cerveau.
Il est parfois nécessaire d'injecter un produit dans une veine pour mieux voir les vaisseaux du cerveau.
* L'imagerie par résonance magnétique nucléaire ou IRM : comme le scanner, cet examen permet de voir le cerveau de façon très précise. Un produit peut également être injecté dans une veine pour préciser les images.
* Les examens d'imagerie fonctionnelle : ils permettent de voir comment fonctionne le cerveau et de savoir d'où partent les crises (le foyer). Les médecins repèrent le foyer épileptogène, c'est à dire le foyer (l'endroit précis) à l'origine des crises (le suffixe gène signifie qui est à l'origine de). Ils ne sont réalisés que dans des centres ultraspécialisés. Ils peuvent compléter, le scanner ou l'IRM. Il en existe différents types : le SPECT, la TEP et l'IRM fonctionnelle.
Comment traiter l'épilepsie ?
Le traitement a pour but de supprimer les crises. Les médicaments utilisés sont des antiépileptiques ou anticonvulsivants (contre les convulsions). Le médecin a le choix parmi de nombreux produits. La plupart du temps un seul médicament est prescrit (monothérapie de mono = un seul et thérapie = traitement, médicament). Lorsque ce premier médicament n'est pas assez efficace, un deuxième médicament est prescrit. Il est souvent nécessaire de "tâtonner" pour trouver le médicament efficace, à la bonne dose et qui entraîne le moins d'effets indésirables.
Pour être efficace, le médicament doit être pris tous les jours sans l'oublier. L'oubli peut en effet entraîner une crise. Un arrêt brutal peut également être très dangereux.
L'efficacité d'un médicament varie d'une personne à une autre. Ainsi, tel médicament efficace chez une personne ne le sera pas forcément chez une autre. N'essayez pas les médicaments des autres. Pour un même médicament, une personne peut ressentir des effets secondaires (effets indésirables) et une autre ne les ressentira pas.
Attention, à l'alcool. Il peut diminuer l'efficacité des médicaments ou bien interférer avec les médicaments et vous faire dormir.
L'efficacité d'un médicament varie d'une personne à une autre. Ainsi, tel médicament efficace chez une personne ne le sera pas forcément chez une autre. N'essayez pas les médicaments des autres. Pour un même médicament, une personne peut ressentir des effets secondaires (effets indésirables) et une autre ne les ressentira pas.
Attention, à l'alcool. Il peut diminuer l'efficacité des médicaments ou bien interférer avec les médicaments et vous faire dormir.
Peut-on arrêter les médicaments ?
Lorsque les crises ont disparu durablement, le médicament peut être arrêté après quelques années.
Dans d'autres cas, bien que les crises aient disparu, le risque de rechutes est important. Le médicament est alors poursuivi très longtemps.
Dans d'autres cas, bien que les crises aient disparu, le risque de rechutes est important. Le médicament est alors poursuivi très longtemps.
Pour 10 à 20 % des malades, les crises persistent malgré le traitement. L'épilepsie est dite résistante.
Dans ce cas, il est parfois possible d'opérer le malade en enlevant, le foyer à l'origine des crises lorsque celui-ci est détecté. Cette chirurgie est très efficace lorsque le foyer est situé dans le lobe temporal.
Dans ce cas, il est parfois possible d'opérer le malade en enlevant, le foyer à l'origine des crises lorsque celui-ci est détecté. Cette chirurgie est très efficace lorsque le foyer est situé dans le lobe temporal.
Une technique très récente, le gamma knife (qui signifie couteau à rayons gamma) consiste à irradier (envoyer des rayons) très précisément sur la zone à l'origine de l'épilepsie. Il s'agit d'une radiochirurgie (le crâne n'est pas ouvert).
La stimulation du nerf vague est une méthode très récente. Elle consiste à implanter sous la clavicule une petite pile reliée à un nerf situé dans le cou, le nerf vague. La pile envoie automatiquement des impulsions électriques vers le cerveau. C'est le principe du pace maker (ou stimulateur cardiaque) mais appliqué au cerveau. Cette méthode demande des réglages assez longs (12 à 18 mois). Une fois l'appareil bien réglé, elle améliore la qualité de la vie d'environ 45 % des personnes ainsi traitées,.
En dehors des médicaments, un soutien psychologique peut souvent être très utile.
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L'épilepsie
Vendredi, 10 Juillet 2009
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