Allaitement et cancer
Mise à jour le Jeudi, 06 Août 2009 10:35 Écrit par Mon pharmacien Jeudi, 06 Août 2009 10:31
La pratique de l’allaitement se développe en France ces dernières années : le pourcentage de mères qui allaitent leur enfant à la sortie de la maternité est passé de 53 % en 1998 à 63 % en 2003 , avec un taux d’allaitement exclusif passé de 45 à 56 % (Blondel et al., 2005). Elle demeure cependant sensiblement moindre que dans les autres pays européens : plus de 90 % dans les pays nordiques, 75 % en Italie et 70 % au Royaume-Uni.
Il existe de fortes disparités régionales dans la prévalence de l’allaitement maternel : la plus basse est observée dans le Pas-de-Calais (36 %) et la plus élevée à Paris (71 %) (Direction générale de la santé, 2005).
La prévalence de l’allaitement varie en fonction de la catégorie socioprofessionnelle : elle est de 80 % chez les mères qui sont cadres et de 50 % chez celles qui sont ouvrières (Blondel et al., 2005).
Allaitement et risque de cancers
L’allaitement est associé, chez la mère, à une diminution du risque de cancer du sein, avant et après la ménopause.
Mécanismes
Le rôle protecteur de l’allaitement vis-à -vis du risque de cancer du sein s’expliquerait par plusieurs mécanismes biologiques. Le principal serait la diminution des taux
sanguins d’hormones sexuelles (oestrogènes, androgènes) pendant la période d’aménorrhée, réduisant ainsi, chez les femmes ayant allaité, leur exposition au
cours de la vie à ces hormones, facteurs de risque connus du cancer du sein.
Par ailleurs, l’exfoliation importante du tissu mammaire au cours de la lactation et la mort cellulaire massive à la fin de l’allaitement du fait de l’involution de la glande
mammaire contribuent à l’élimination des cellules potentiellement porteuses de lésions de l’ADN.
Niveau de preuve
La diminution de risque de cancer du sein par l’allaitement est jugée convaincante, avant et après la ménopause.
Le niveau de preuve de la relation entre allaitement et risque de cancers n’avait pas été évalué dans le précédent rapport WCRF/AICR 1997.
Facteurs réduisant le risque de cancers
Réduction du risque de prise de poids, de surpoids et d’obésité chez l’enfant
Chez les enfants qui ont été allaités, le risque de surpoids et d’obésité est diminué de manière probable. Si le bénéfice de l’allaitement vis-à -vis du risque de surpoids et d’obésité chez l’enfant était confirmé, ce serait un argument additionnel pour encourager l’allaitement dans un objectif de prévention des cancers.
Conclusions
L’allaitement diminue de manière convaincante le risque du cancer du sein chez la mère.
L’allaitement contribue de manière probable à diminuer chez les enfants allaités le risque de surpoids et d’obésité, eux-mêmes facteurs de risque de plusieurs cancers.
Étant donné la prévalence encore insuffisante de l’allaitement en France, il est important d’inciter les femmes enceintes à allaiter leur enfant.
Recommandations
> Pour le bénéfice de la mère et de l’enfant, il est recommandé d’allaiter son enfant.
> Allaiter si possible de façon exclusive et idéalement jusqu’à l’âge de 6 mois.
Références
Références principales : cf. Documents de référence p. 12.
Autres références
Blondel B., Supernant K., du Mazaubrun C., et al. Enquête nationale périnatale 2003 :
situation en 2003 et évolution depuis 1998. Inserm, Paris, 2005, 39 p.
Direction générale de la santé, Société française de pédiatrie. Allaitement maternel :
les bénéfices pour la santé de l’enfant et de sa mère. Coll. Les Synthèses du
Programme national nutrition santé, ministère de la Santé, des Solidarités et de la
Famille, 2005, 67 p.
Source INPES
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