Manger mieux, manger moins cher…

Ah les beaux jours ! Avec le printemps le soleil et les premières fleurs,  les problèmes de diététique commencent à bourgeonner et à éclore. Et les livres concernant ces problèmes s’étalent dans les vitrines et sur les tables des libraires.

La malbouffe !
Isabelle SAPORTA, nous apporte un délicieux pamphlet - genre littéraire aujourd’hui en voie d’extinction, pensée unique oblige - qu’elle a intitulé : « Ne mâchons pas nos maux, consommons autrement pour vivre mieux »*. On peut faire confiance à cette jeune journaliste, ancienne collaboratrice de Jean-Pierre Coffe à France-Inter, elle travaille actuellement à l’hebdomadaire Marianne, deux références qui interdisent le conformisme.
Isabelle Saporta fait un état des lieux « effrayant » de la situation alimentaire dans notre pays, notamment chez les jeunes couples et leurs encore plus jeunes enfants. Pizzas, ketchup, frites, sont l’ordinaire de ces foyers. Quant aux plats cuisinés et aux salades, ils sont tous eux la plupart du temps d’origine industrielle et en l’espace de cinq ans ils ont vu leur tonnage augmenter de 50 %. La seule réponse qu’un cuisinier ait obtenue en montrant à des enfants d’une école maternelle un artichaut fut « un choux », puis après un silence total dans la classe, un autre bambin très sûr de lui déclara : « monsieur c’est un poireau ». Le succès fut aussi grand pour une botte d’asperges vertes reconnue comme du blé pas mûr ou une endive qui se vit transformer successivement en banane, puis en poisson !

Ce n’est quand même pas à l’Education Nationale d’enseigner la cuisine aux parents ! Hélas «l’alimentation, la vraie, celle que l’on trouve sur les marchés ou dans les bonnes échoppes de quartier est devenue une incongruité pour le consommateur. » ** Tout s’acharne contre l’alimentation de qualité : les grandes surfaces, les industriels agro-alimentaires, l’Europe, les Etats-Unis.

L’exemple le plus cruel est sans doute celui de ces viticulteurs du Bordelais, obligés de transformer le bouquet de leurs grands crus pour satisfaire le goût uniformisé par un célèbre critique œnologue au service de la mondialisation : que pas un arôme ne dépasse !

Devrons-nous nous résigner à manger des mets bourrés de gras, de sel ou de sucre, mais dont le seul acte culinaire est le réchauffement au micro-onde, alors que petit à petit le goût de l’excellence de la cuisine française disparaît face à l’offensive du bœuf aux hormones, des poulets au chlore et des fromages sans goût.
Si vous avez encore la force de ne pas croire à un avenir triste et uniforme, lisez le livre d’Isabelle Saporta, son dynamisme vous persuadera que cuisiner des produits frais n’est pas forcément une perte de temps et que l’alimentation industrielle n’est bonne ni pour votre santé ni pour vos finances.
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